Origine et histoire de l'Arc Héré
L'arc de triomphe, souvent appelé « arc Héré », est un édifice érigé au XVIIIe siècle au nord de la place Stanislas à Nancy. Il remplace l'ancienne porte Royale construite sous Louis XIV, détruite en 1752 par Stanislas. Les travaux, menés de 1753 à 1755, s'inspirent des arcs antiques comme celui de Septime Sévère à Rome. Le monument, conçu par Emmanuel Héré, allie une fonction défensive (intégré aux remparts) et une symbolique glorifiant Louis XV, illustrée par des statues et bas-reliefs évoquant la guerre et la paix.
L'arc est richement décoré sur sa face principale, visible depuis la place Stanislas. On y trouve des statues de Cérès, Minerve, Hercule et Mars, ainsi qu'un médaillon de Louis XV soutenu par Minerve et une allégorie de la paix. Les bas-reliefs en marbre blanc, repris de l'ancienne porte Royale, représentent Apollon, Mercure et des muses. Les inscriptions latines, restaurées après avoir été remplacées par des devises révolutionnaires en 1830, célèbrent les victoires et la paix du souverain. Le médaillon original, détruit pendant la Révolution, fut remplacé par une version en plomb doré, retirée en 1830 puis réinstallée en 1852.
À l'origine relié aux remparts par des galeries, l'arc perd sa fonction défensive après la destruction des murailles (1772 à l'est, 1847 à l'ouest). Il devient alors un symbole urbain autonome. Classé monument historique en 1923, il est inscrit avec la place Stanislas et la place de la Carrière au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1983, salué comme un chef-d'œuvre architectural illustrant le Siècle des Lumières.
L'arc s'inscrit dans un ensemble urbain harmonieux, marquant la transition entre la place Stanislas et la place de la Carrière. Ses faces est et ouest, ornées de statues, donnent respectivement sur la place Vaudémont et la place Nelson-Mandela. Le monument, large et massif, reflète son double usage initial : porte fortifiée et arc triomphal célébrant la gloire royale. Les sculptures, réalisées par Guibal, et les éléments architecturaux (colonnes corinthiennes, arcades) soulignent son inspiration classique.
Les transformations politiques ont marqué son histoire : destruction du médaillon royal en 1792, remplacement des inscriptions latines par des devises révolutionnaires en 1830, puis restauration des éléments monarchiques sous le Second Empire. Ces modifications reflètent les bouleversements idéologiques de la France, de l'Ancien Régime à la République, tout en préservant l'intégrité architecturale du monument.